Chapon

Le chapon est un poisson de roche emblématique, indispensable à la réalisation d'une soupe de poisson digne de ce nom ou de la véritable bouillabaisse. C'est une variété de rascasse de belle taille que l'on pêche en profondeur à l'appât ou au leurre, en pêche à soutenir en bateau par moyenne ou grande profondeur, en pêche verticale, au Madaï et au Tenya Jig.

La prise d'un beau chapon récompense souvent les efforts du pêcheur qui aura su peigner très méticuleusement le secteur.

Dernière mise à jour le vendredi 01 avril 2011

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Pêche d'un chapon

Dénomination, taille et morphologie

Le chapon porte le nom scientifique de Scorpaena Scrofa. Il fait partie de la famille des scorpaenidés, - du grec scorpaina signifiant « scorpion ». Tout comme pour la rascasse brune, l’origine de ce nom est dû à la présence de glandes à venins dans ses épines. Il est également nommé plus communément rascasse rouge ou crapaud de mer.

À sa taille maximale, le chapon peut mesurer près de 50 cm pour un poids pouvant atteindre plus de 4 kg !

Au niveau morphologique, ce poisson très trapu possède une tête massive avec une très large gueule. Le corps est couvert de lambeaux cutanés qui l’aident à se camoufler dans la végétation en estompant sa silhouette. Il présente également un appendice à palette au dessus de l’œil. Sa coloration va du rouge au rose et peut même tirer sur le jaune. En fait chaque chapon possède des couleurs différentes adaptées à son biotope spécifique pour se camoufler et c’est un plaisir de découvrir les nuances toujours différentes de la livrée de chaque spécimen.

Qui s'y frotte s'y pique !!

Comme la rascasse, le chapon doit être manipulé avec beaucoup de précautions lors du décrochage et du nettoyage car il est pourvu d'épines venimeuses à la piqûre très douloureuse. À décrocher absolument avec un chiffon et une pince à long bec.

Le Saviez-vous ? Le terme Chapon renvoie à la volaille engraissée que nous consommons durant les fêtes. En effet, ce poisson aux grosses joues et au large corps parait presque gras. Il est d’ailleurs à noter qu’il orne lui aussi les plats de fêtes comme la bouillabaisse dont il constitue un morceau de choix (voir la suite).

Pêche d'un chapon en casting Pêche d'un chapon en casting

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Habitudes et comportement

Le chapon est un poisson de roche qui passe le plus clair de son temps à trou ou posé sur le fond, immobile et camouflé dans le décor. Comme le poulpe ou la seiche, il possède la faculté d'homochromie qui lui permet de changer de couleur en fonction du substrat sur lequel il repose. Mauvais nageur, le chapon se dissimule de ses prédateurs et de ses proies en modulant la couleur de sa robe en fonction de la teinte du fond. Fondu dans le décor, le chapon gobe par aspiration toutes les proies qui lui passent à proximité de la gueule. Les chapons évoluent en milieu rocheux, mais s'aventurent également sur le sable ou dans les herbiers pour se mettre à l'affût. On les pêche jusqu'à 800 mètres de profondeur en mettant en oeuvre les techniques de pêche grands fonds, au treuil ou au moulinet électrique.

Le chapon chasse à l'affût et surprend ses proies en se fondant par mimétisme dans le décor. Les petits poissons et crustacés qui passent à portée de gueule sont gobés en un éclair : Le chapon ouvre sa gueule énorme avec un effet aspirant duquel les petites proies ne peuvent se soustraire. Plutôt vorace, le chapon est assez facile à pêcher car il ne se fait jamais prier pour avaler un appât ou attaquer un leurre qui passe à sa portée.

Chapon nageant dans le fond Chapon nageant dans le fond

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Où le pêcher ?

Le Chapon vit entre 20 et plus de 300 m de fond. Il sera rare de le rencontrer dans moins de 15 m de fond. Sachez également que plus vous pêcherez profondément, plus les chances de rencontrer de beaux spécimens augmentent. Il apprécie les fonds rocheux ou coralligènes où il se peut se cacher facilement dans les trous ou les failles. Il existe ainsi des zones pouvant receler de nombreux chapons. Il s’agit généralement de tombants possédant de nombreuses aspérités ou encore de tête de roche sous- marines. Ce poisson benthique se pose ainsi sur ces reliefs et attend en embuscade une proie de passage. Il reste alors totalement immobile, sa couleur correspondant au milieu dans lequel il vit et ses lambeaux cutanées participant à estomper sa silhouette. Bien que mauvais nageur, ses attaques sont particulièrement  rapides mais sur de courtes distances.
  
Ce poisson nageant mal et appréciant de rester dans les mêmes biotopes, une zone où vous avez déjà pris un chapon sera un secteur où vous aurez de grandes chances d’en prendre à nouveau. Il peut s’agir d’un spot de quelques mètres à peine, mais celui-ci peut abriter de très nombreux individus. Les pêcheurs nomment généralement ces zones des« pierres à chapons ». Sachez d’ailleurs que si vous n’avez pas de touches un jour donné, n’hésitez pas à revenir sur zone. En effet, le chapon peut passer plus de deux semaines sans s’alimenter quand il digère une grosse proie. L’idéal est ainsi de posséder plusieurs zones à chapons à pêcher afin de pouvoir multiplier les chances de tomber sur des poissons actifs en quête alimentaire.

Si vous ne connaissez pas ces secteurs, sachez que ce sera à vous d’aller les rechercher car ces pierres sont le plus souvent gardées secrètes par les pêcheurs les connaissant ! Une pêche en dérive vous permettra de prospecter un maximum de terrain pour les trouver. Privilégiez les zones rocheuses à fort reliefs en tâchant de rester le plus souvent à proximité du fond car les chapons se déplacent peu et n’attaquent que sur de courtes distances. Dans ces pêches de prospection aux leurres ou à l’appât, sachez que vous toucherez tous types de poissons en recherchant le chapon. Ainsi, aux leurres, vous prendrez également d’autres poissons benthiques comme les dentis, les pagres, les pageots, etc. A l’appât, vous pourrez aussi toucher des sparidés et autres beaux poissons de roche. Vous pourrez espérer prendre plus spécifiquement du chapon dans des zones où vous en avez déjà pris mais quelle que soit la technique utilisée, d’autres prises accessoires seront également à prévoir.

Un chapon plutôt allongé, attrapé au Chiku-chiku Un chapon plutôt allongé, attrapé au Chiku-chiku

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Comment le pêcher ?

Ce poisson prédateur peut être aussi bien pêché à l’appât qu’au leurre. Il est ainsi réceptif à la plupart des techniques de pêche, - y compris les plus profondes. Le chapon n’est pas un grand combattant et, à part quelques coups de tête, sa défense est faible. Ce point est largement compensé par la beauté surnaturelle de ce poisson ressemblant à un petit dragon ainsi que par sa valeur culinaire.

Pêcher Chapon avec les techniques verticales :

Les techniques verticales fonctionnent presque toutes, mais les techniques où le leurre imite parfaitement l'aspect ou la nage d'un céphalopode sauront faire perdre la tête de ce joli rascasse ! Nous avons réalisé une fiche "comment pêcher le chapon avec les techniques verticales ?", elle permettra à ceux qui le souhaite de profiter des conseils précis de notre expert. En voici un bref aperçu :

  • Au shad prémonté en texan :
    Le chapon étant un poisson benthique (poisson vivant sur le fond)  et n’attaquant que lorsque le leurre est à sa proximité immédiate, un shad premonté en texan permettra d’aller le rechercher dans les endroits les plus encombrés sans risques d’accroche. Bien que cette espèce soit capable d’attaquer des proies de grande taille, un shad de 10 à 12 cm muni d’une plombée de 20 à 40 g sera un parfait compromis pour pêcher dans des fonds compris entre 20 et 40 m. 
  • Au jig light :
    Bien qu’un chapon soit capable d’attaquer des jigs pouvant atteindre 20 cm pour prés de 200 grammes, ce type de prise reste néanmoins anecdotique. Pour sa recherche spécifique, privilégiez plutôt des jigs assez compacts d’un poids compris entre 40 et 100 g. En lançant bien au devant de votre dérive, il sera ainsi possible de pêcher avec de tels poids jusqu’à des profondeurs pouvant atteindre plus de 80 m tout en étant à l’aplomb de votre leurre.
  • Au madaï jig :
    Le chapon étant friand de céphalopodes tels que petits poulpes, seiches ou calamars, le madaï jig est un leurre bien approprié pour sa pêche. Encore ici, il sera nécessaire d’être au maximum à la verticale en adaptant le poids de son leurre à la vitesse de la dérive et à la profondeur. En effet, le moindre angle dans votre fil provoquerait de nombreuses accroches en vous faisant pêcher moins précisément. Avoir donc un grand nombre de madaïs jigs de poids différents sera indispensable.
  • A l’inchiku :
    A l’instar du madaï jig, ce leurre muni d’un octopus ressemble à un petit céphalopode, - proie de prédilection du chapon. Ici encore, l’animation consistera à présenter le leurre à proximité du fond. Il est possible de profiter de la dérive du bateau pour manier l’inchiku en dent de scie en reprenant de temps à autre contact avec le substrat. Sans récupération au moulinet, le leurre sera animé en relevant et en abaissant successivement la canne.
  • Au tenya :
    Ce leurre de pêche est conçu pour être associé à un appât. Ce dernier est généralement une grosse crevette (ou une gambas) que l’hameçon fixe de forme courbée accueille parfaitement. Un assist long muni d’un petit hameçon sera enroulé autour du corps puis repiqué plus haut sur la tête afin de multiplier vos chances de capture. L’animation sera identique à celle du madaï  et consistera à effectuer des tirées en suivant les dénivelés du fond mais avec une amplitude moins grande. 

Pêche du chapon à l’appât dans des fonds moyens (20 à 100 m)

Si vous souhaitez cibler le chapon, il conviendra d’utiliser de gros appâts qui résisteront mieux aux attaques des petits poissons et vous aideront à le sélectionner. Bien que la sardine fonctionne bien sur cette espèce, elle a le désavantage d’être assez fragile et d’attirer des espèces indésirables. Privilégiez plutôt des morceaux de calamars coupés en feuille de saule, des petits chipirons, de gros vers résistants tels que le rag, etc.

Voir le "Comment pêcher le chapon dans des fonds moyens"

Pêche du chapon à l’appât en grande profondeur (jusqu’à 300 m)

Les chapons pêchés en grande profondeur sont généralement beaucoup plus gros que ceux pris dans fonds moyens et il n’est pas rare de toucher des spécimens dépassant les 3 kg ! Une bonne raison pour passer à cette technique très productive ! De beaux morceaux de céphalopodes ou des sardines ficelées avec de l’élastique à appâts pour une meilleure tenue sont d’excellentes esches pour cette espèce. Encore ici, cette pêche à l’appât  intéressera bien sur d’autres espèces telles que dorades roses, merlus, cerniers, sébastes, etc. Mais la prise de chapon y sera plus fréquente que dans des profondeurs moins importantes subissant une plus grande pression de pêche.

Plus de précision sur cette technique, consulter notre rubrique le comment pêcher le chapon dans les grands fonds

Une cliente Top Fishing, joyeuse ! après avoir attrapé ce joli chapon Une cliente Top Fishing, joyeuse ! après avoir attrapé ce joli chapon Lampe LP 15 Kristal Fishing Lampe LP 15 Kristal Fishing Des coloris superbes pour ce beau chapon Des coloris superbes pour ce beau chapon Les chapons apprécient les shads Les chapons apprécient les shads

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