No-Kill mer, la manipulation des poissons à forte dentition

Poser avec un poisson pour la photo et le relâcher nécessite certaines manipulations, aussi bien pour que votre prise soit relâchée dans de bonnes conditions que pour votre propre sécurité. La volonté de libérer votre prise ne doit néanmoins pas être une source de danger pour vous. Ainsi, avec les espèces à la mâchoire puissante (ex : dentis, vieilles, pagres, etc.) ou encore celles possédant des dents tranchantes (barracudas, tassergals, sabres, bonites, etc.), demandent une  manipulation plus complexe. Il existe néanmoins d’autres solutions que la prise par la gueule qui évitent d’enlever trop de mucus et qui ne blessent pas le poisson.

Dernière mise à jour le mercredi 27 décembre 2017

1

Prenez bien soin de ne pas toucher les fentes branchiales lors de la prise sous la mâchoire

Sous la mâchoire

Comme nous vous l’avons précédemment expliqué, tenir un poisson avec les mains directement dans  les ouïes est à proscrire. En effet, ses branchies lui servent à s’oxygéner et les toucher peut les endommager au point de l’empêcher de respirer après la relâche. Il existe néanmoins la possibilité de se saisir d’un poisson sous la gueule, juste à la jonction entre les opercules et la mâchoire inférieure. Il suffit de tenir cette intersection entre le pouce et l’index en prenant soin de ne pas toucher les arcs branchiaux. 

Cette prise est efficace et permet une bonne tenue du poisson. Elle offre de multiples avantages. 

  • Le premier est de pouvoir tenir des poissons à forte dentition sans danger 
  • Il est possible de tenir des poissons de petite taille impossible à tenir autrement pour une relâche propre (ex : sparidés) 
  • Elle éloigne également la main du leurre dont les hameçons constituent un danger potentiel pour le pêcheur. 

Ce type de manipulation présente toutefois quelques inconvénients car elle nécessite un peu d’expérience : 

  • Avec un poisson aux dents acérées et aux opercules tranchantes, les risques de vous blesser lorsque vous vous en saisissez alors qu’il bouge sont réels (ex : tassergal, barracuda, etc.)
  • Lorsque vous glissez votre main sous l’opercule, le danger est que vous touchiez par accident les arcs branchiaux, ce qui peut à terme condamner le poisson. C’est ainsi le cas lorsque le poisson se débat.
  • Attention de ne pas trop serrer cette zone car vous pouvez blesser le poisson. Nous vous recommandons de tenir également le poisson par la queue ou sous le ventre afin de soulager cette partie de l’intégralité du poids du poisson
Ce tassergal possède des dents ultra tranchantes Ce tassergal possède des dents ultra tranchantes Cette daurade royale est juste tenue par la jonction entre les opercules et la mâchoire. L’autre main sous le ventre la soulage de son propre poids. Cette daurade royale est juste tenue par la jonction entre les opercules et la mâchoire. L’autre main sous le ventre la soulage de son propre poids.

2

Un inchiku peut être tenu à pleine main car les hameçons restent éloignés de la main

Prise par le leurre, l’attache ou le fil

La prise par le leurre ou l’attache est surtout recommandée pour les leurres dotés d’hameçons simples ou encore d’assists. C’est ainsi le cas des inchikus, des casting jigs, des jigs, slows jigs, madai jigs, etc. Lorsque ce type de leurre est tenu de la bonne manière, cette solution impacte peu le poisson et s’avère sécurisante pour le pêcheur. Elle réclame néanmoins quelques règles évidentes ainsi qu’un peu d’expérience pour limiter les risques d’accidents : 

  • Tenez la partie du leurre démunie d’hameçons  tout en soutenant le poisson sous le ventre ou par la queue. Dans le cas d’assists trop proches des mains, la prise par l’œillet du jig, le système d’attache du leurre (ex : rolling + anneau brisé) ou encore le fil (de fort diamètre)  tout en laissant le poisson à la verticale est une bonne solution. Le poisson bouge moins du fait de son propre poids et la tresse de l’assist étant souple, il ne se déboite pas la mâchoire lors de ses soubresauts. 
  • Attention : ne tenez en aucun cas un leurre à pleine main lorsque celui-ci est doté de triples (ex : un poisson nageur). Il en est de même même pour un jig ayant un assist devant et un autre derrière (ex : slow jig) qu’il ne faut surtout pas tenir en son centre ! En se débattant, le poisson peut en effet accrocher un des hameçons dans vos chairs. Pire encore : le poisson peut se débattre et tomber en entrainant le leurre dans sa chute. Avec son poids, un des hameçons peut alors se ficher très profondément dans les chairs de votre bras ou de votre main. Et avec l’ardillon, une opération chirurgicale sera le plus souvent nécessaire. C’est également sans compter le poisson qui lors de sa chute a pu s’occasionner des lésions irréversibles qui peuvent le condamner à terme. Cette façon de tenir le poisson demande donc beaucoup de prudence et une certaine expérience.

Conseil Top Fishing :

Ce type de prise évite de trop toucher le poisson. Elle peut néanmoins être dangereuse lorsque le poisson se débat (proximité des hameçons) et réclame de l’expérience. Nous vous recommandons vivement de compléter cette prise avec une tenue par la queue lorsque c’est possible afin de mieux l’immobiliser. Notez qu’elle est beaucoup utilisée par les teams et les journalistes pêche car elle permet de bien présenter le leurre sur la photo. Il s’agit donc de personnes qui n’en sont donc pas à leurs premiers poissons et qui effectuent cette prise en connaissance de cause et qui en connaissent les dangers. Nous conseillons d’autres prises pour les débutants.

Pour un poisson de petite taille (ici un sar de 800 g), tenir le leurre pour la photo évite de trop le toucher Pour un poisson de petite taille (ici un sar de 800 g), tenir le leurre pour la photo évite de trop le toucher Un inchiku peut être tenu à pleine main car les hameçons restent éloignés de la main Un inchiku peut être tenu à pleine main car les hameçons restent éloignés de la main Avec un slow jig doté d’un hameçon à l’avant et à l’arrière, tenez le leurre par son système de fixation ou le fil afin d’éloigner vos mains. Avec un slow jig doté d’un hameçon à l’avant et à l’arrière, tenez le leurre par son système de fixation ou le fil afin d’éloigner vos mains.

3

La prise sous la mâchoire permet de bien tenir ce denti de 4,5 kg. Notez la main gauche qui soulage le poisson de son propre poids.

Prise par la queue

La plupart des pélagiques possèdent une queue fourchue à la base étroite et assez rigide qui offre une très bonne prise. Ainsi, les bonites, les thons ou encore les sérioles peuvent être tenue par la queue d’une main tandis que l’autre se place sous le ventre pour soutenir le poisson. Le contact avec le mucus est alors minimal et l’impact sur le poisson est ainsi réduit.

L’avantage est double !

  1. La prise est très sécurisante pour le pêcheur car la tenue du poisson est ferme et ses mains sont éloignées du leurre et donc des hameçons.
  2. Cette prise empêche également le poisson à battre frénétiquement de la queue comme c’est par exemple le cas pour les bonites. Vous évitez ainsi qu’il ne vous échappe après s’être agité et de le voir lourdement chuter au sol. Veillez néanmoins à n’appliquer qu’une pression modérée et ne lui écrasez pas les muscles. Pour les bonites par exemple, former un cercle avec le pouce et un doigt (ou plusieurs si le poisson est encore vif ou trop gros) immobilise suffisamment la queue sans avoir à serrer. 

AVIS TOP FISHING :

Cette prise est certainement la meilleure pour les pélagiques — y compris de grande taille comme par exemple le thon. Elle ne blesse pas le poisson et lui enlève que très peu de mucus. C’est une des prises que nous vous recommandons vivement dés qu’elle est possible car elle s’avère aussi sécurisante pour le pêcheur que pour le poisson qui pourra repartir dans de bonnes conditions. Notez qu’il est également possible de l’utiliser en complément d’une autre prise (ex : sous la mâchoire) afin de mieux immobiliser un poisson puissant (ex : denti).

Ce denti de 10 kg pris en slow jigging est tenu à la jonction entre les opercules et la mâchoire inférieure ainsi que par la queue pour une tenue parfaite ! Ce denti de 10 kg pris en slow jigging est tenu à la jonction entre les opercules et la mâchoire inférieure ainsi que par la queue pour une tenue parfaite ! Un pélagique tel que la bonite peut être tenue par la queue de manière très sécurisante Un pélagique tel que la bonite peut être tenue par la queue de manière très sécurisante Ce requin est maintenu aussi bien par la queue que par la nuque afin d’éviter qu’il ne se débatte. Attention aux risques de morsure ! Ce requin est maintenu aussi bien par la queue que par la nuque afin d’éviter qu’il ne se débatte. Attention aux risques de morsure !

4

Même avec un guide très expérimenté tel que Fabien Harbers et l’utilisation d’un fish grip, notez qu’il s’est néanmoins coupé la main en effleurant la mâchoire de ce spécimen. Soyez donc très prudent !

Fish grip

Cet accessoire est comme beaucoup d’outils. C’est celui qui s’en sert qui peut le rendre dangereux, cet accessoire ne l’étant pas s’il est bien utilisé. Les fish grips ont été décriés par des adpetes du catch and release car il peut causer des trous dans la gueule du poisson ou lui déboiter la mâchoire. Néanmoins, un fish grip bien employé est très sécurisant pour le pêcheur car il éloigne sa main des triples des leurres qui sont la cause la plus fréquente  d’accidents. Il est même indispensable pour les poissons à la forte mâchoire (ex : denti) ou à la dentition acérée — surtout lorsqu’on pêche avec un leurre doté de deux à trois triples (ex : barracuda au long minnow / tassergal au stickbait, etc.). Notez que nous vous le recommandons également pour les poissons venimeux comme les chapons.

Les blessures constatées sur les poissons sont surtout liées à une mauvaise manipulation — celle-ci consistant pendre le poisson à la verticale de tout son poids par la gueule ou à lui tordre la mâchoire avec un angle inapproprié. Il sera donc recommandé :

  • D’utiliser si possible un fish grip tournant autour de son axe. Lorsque le poisson se débat et tourne sur lui-même, vous éviterez ainsi de lui briser la mâchoire.
  • Ne pas tenir le poisson de tout son poids seulement par la gueule. Dés que le fish grip tient les lèvres, passez la main sous le ventre de votre prise afin de le maintenir à l’horizontale — ce qui permet une meilleure répartition du poids. Attention à cette étape d’avoir toujours le fish grip dans l’axe du poisson, un angle pouvant lui désarticuler la mâchoire.

Voici une sélection de fishs grips que nous vous conseillons vivement : 

AVIS TOP-FISHING : 

Bien qu’ayant de nombreux détracteurs chez les adeptes du no-kill, cet accessoire est d’après nous absolument indispensable pour les poissons aux dents tranchantes tels que le sabre, le barracuda ou le tassergal. Le nombre d’accidents causés par ces poissons est encore aujourd’hui considérable. Répétons encore ici qu’un outil n’est néfaste que s’il est mal utilisé. Bien manipulé, un fish grip est une solution sécurisante pour le pêcheur et une bonne solution pour manipuler un poisson destiné à être relâché.


Vous trouverez dans la suite de ce dossier tous nos conseils pour une bonne gestion de la durée du combat ou encore pour pratiquer une bonne relâche.

Le barracuda possède des dents hyper tranchantes nécessitant un fish grip pour le manipuler. Le barracuda possède des dents hyper tranchantes nécessitant un fish grip pour le manipuler. Avec un poisson aux dents aussi acérées tel que le tassergal, un fish grip est indispensable ! Avec un poisson aux dents aussi acérées tel que le tassergal, un fish grip est indispensable !

Suite du dossier :

© Top Fishing, T: 04 42 10 93 20 - Les Terrasses du Port - 13960 Sausset-les-Pins (France) - N°Siret : 40210676900010