Pierre, Moule emboîté

Version bord de la pêche à la pierre, la pêche à la moule emboîtée représente également une pêche traditionnelle en Méditerranée où elle est encore pratiquée, à l’ancienne, par de vieux pêcheurs, mais aussi de façon beaucoup plus moderne par les amateurs de sparidés qui se sont spécialisés sur cette technique particulièrement efficace et aux résultats souvent inégalés en termes de prises. Terriblement efficace, la pêche à la moule emboîtée vise essentiellement les plus beaux sparidés que l’on pique en pratiquant du bord à savoir les dorades royales, les sars et les veirades.

Dernière mise à jour le lundi 02 janvier 2012

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Matériel et montages

La pêche à la moule emboitée se pratique de façon quasi systématique avec des cannes à buscle (encore elles) de 3 ou 4 mètres de longueur, toujours dans une optique de discrétion et de sensibilité. La buscle permet d’une part de déceler les touches les plus fines et dans le même temps, elle se montre très discrète en termes d’inertie sous les premières tirées des poissons. Ces derniers ne ressentent donc pas de résistance importante lors des premières phases de mise en bouche, critère primordial dans la réussite de la pêche dès lors que l’on souhaite capturer des dorades. Au niveau du montage, on pourra pêcher sans plomb avec la moule en direct sur l’hameçon relié au corps de ligne par un petit émerillon discret. En présence de courant ou pour mieux tenir le fond, on pourra également utiliser un montage coulissant classique réalisé avec une toute petite olive de 5 à 10 grammes maximum.

Dans tous les cas, il n’est pas question d’effectuer un lancer par-dessus l’épaule, comme en surf ou à la calée, mais plutôt de déposer délicatement le montage par un mouvement de balancier très doux sous la canne. Même correctement tricotée une moule emboîtée demeure un assemblage des plus fragiles qu’il convient de préserver. Cette technique est donc à mettre en œuvre sur les postes à la bonne profondeur immédiate (digues, quais, enrochements naturels) qui permettent de pêcher sous la canne sans avoir à lancer loin vers le large. Dans la pratique, on pourra caler plusieurs cannes ou au contraire n’en employer qu’une seule qui sera gardée en main tout au long de l’action de pêche. Au niveau du choix des hameçons, les modèles renversés en taille 4 ou 6 sont les plus indiqués. Les bas de ligne sont réalisés en fluoro carbone pour une meilleure efficacité dans des diamètres variant du 18 au 22/100 dans la majorité des cas.

Dorade à la pierre Dorade à la pierre

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La moule emboîtée mode d’emploi

Sur le même principe d’eschage que celui qui est mis en œuvre pour pêcher à la pierre, l’hameçon est noyé dans les chairs de la moule, solidement tricoté avec le bas de ligne à l’intérieur de la coquille. Cela évite que de petits poissons parasites viennent grappiller en masse les chairs délicates du coquillage. En emboîtant la moule, on la préserve ainsi des assauts impétueux des petits poissons de roche et autres sparaillons en la réservant par là même aux belles dorades et aux gros sars, seules espèces capables de broyer ou d’ouvrir la coquille d’un coup de dent pour en extraire les chairs délicates. On pourra ainsi pêcher en secteurs rocheux par définition très fréquentés en petites espèces gloutonnes sans prendre le risque de se faire dépouiller les appâts avant même qu’ils n’aient pu toucher le fond. Une des principales difficultés de la technique consiste à bien escher la moule.

Pour réaliser cet eschage, on entrouvre très légèrement une belle moule à l’aide d’un couteau en prenant soin de ne pas en sectionner le nerf, et l’on détache ensuite les chairs sur toute la partie supérieure de la coquille pour les rabattre sur l’autre moitié de coquille sur laquelle on laissera les chairs solidaires. Il ne reste plus qu’à piquer la chair rassemblée à trois au quatre reprises avec l’hameçon et le bas de ligne pour bien en assurer la prise.

C’est assez compliqué à réaliser correctement dans la pratique, mais le tour de main s’apprend rapidement avec un peu d’entraînement. Une bonne astuce consiste à utiliser deux moules distinctes : on décortique entièrement les chairs de la première, qui seront tricotées solidement avec l’hameçon et le bas de ligne. Une fois bien ficelée, la chair armée de l’hameçon est introduite dans l’autre moule dont on aura juste besoin d’entrouvrir légèrement la coquille pour y glisser le piège. Selon les postes et la densité de petits poissons grappilleurs, il sera possible d’utiliser une variante d’eschage. Il s’agit de la présentation dite en assiette et qui consiste à escher la moule sur une seule moitié de coquille.

Beaucoup plus facile à réaliser cet eschage se montre logiquement moins sélectif. À utiliser en connaissance de cause. (le DVD Secrets de Sudistes N°1 présente en gros plans très détaillés toutes les variantes de la pêche à la moule emboîtée). Au registre des petites astuces qui permettent d’améliorer les résultats, il est à noter que les meilleurs spécialistes amorcent copieusement leurs postes de pêche habituels. Ils conditionnent ainsi les poissons à se nourrir fréquemment de moules sur ces secteurs : ils deviennent moins méfiants et se laissent piquer plus facilement.

Tout aussi économique qu’efficace, la pêche à la moule emboitée séduit en général tous les pêcheurs qui s’y essayent. Testez donc cette technique sur des postes propices à la tenue des beaux sparidés, vous n’en reviendrez pas.

Voir notre actualité #180 sur la moule marseillaise

Aucune description Aucune description Deux belles dorades lors d'une pêche avec les des moules emboitées de votre conseiller Bruno Deux belles dorades lors d'une pêche avec les des moules emboitées de votre conseiller Bruno

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